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Chapelle et vie St Julien

Sur la place du même nom, dans le prolongement de la grand’ rue, existait une chapelle St Julien. Son emplacement est bien visible sur le plan de 1759 (plan ci-joint). Pillée pendant la Révolution, elle est abattue vers 1835 pour construire la mairie école qui aujourd’hui abrite l’Office du Tourisme. Vers 1840, une nouvelle chapelle est construite (salle Adélaïde actuelle) « attendu que l’église paroissiale se trouve à un quart de lieue de Muzillac et que les vieillards et les infirmes ne peuvent s’y rendre ; le chemin étant très mauvais et difficile, l’église étant sur une montagne ». Elle prend le nom de Ste Adélaïde car la princesse Adélaïde, sœur de Louis Philippe, fit un don de 1000 francs pour la construction. Saint Julien l’Hospitalier est le patron des charpentiers, des hôteliers et des passeurs. Sur notre territoire, les chapelles St Julien sont liées aux Templiers : chapelle au Temple de Haut à Limerzel (photo jointe), chapelle à la commanderie de Carentoir. Il est honoré aussi à Quiberon, à Plouhinec (29) La légende de saint Julien l’Hospitalier a été largement diffusée au Moyen Age. Elle a été reprise par Gustave FLAUBERT

Julien était un jeune noble. Un jour qu’il poursuivait un cerf, celui-ci se retourna et lui dit : “Tu me suis, alors que tu tueras ton père et ta mère?” Pour éviter que cela n’advienne, il s’enfuit jusqu’à une terre lointaine où il se mit au service d’un prince. Vaillant combattant, il fut fait chevalier et le prince lui donna pour épouse une jeune veuve, Basilisse, et un château en dot. Entre-temps, ses parents étaient partis à sa recherche, et finirent par arriver à son château. Julien était alors parti à la chasse. Ses parents se firent connaître à son épouse, qui les accueillit, les restaura et les coucha dans le lit conjugal. Julien rentra le lendemain matin, alors que sa femme était à la chapelle, et trouva dans son lit un homme et une femme qu’il prit pour son épouse et un amant. Il les tua tous les deux. En voyant sa femme revenir de l’église, il prit conscience de sa terrible méprise, et accablé de chagrin résolut de partir accomplir sa pénitence. Mais son épouse, arguant des liens du mariage et de sa part de responsabilité, insista pour l’accompagner. Ils s’installèrent alors au bord d’une rivière, où Julien se fit passeur et où ils accueillaient les pauvres dans un petit hospice (en ancien français hospital). Une nuit d’hiver, Julien entend une voix qui l’appelle : il recueille un misérable lépreux mourant de froid, qu’il tente en vain de réchauffer par un bon feu, puis qu’il couche dans son propre lit et couvre amoureusement. Alors le lépreux se lève, soudain resplendissant, et montant au ciel déclare à Julien et à son épouse, Basilisse, que Dieu leur a pardonné leur crime, et qu’ils ne tarderaient pas à mourir dans la paix du Seigneur.

Les deux versions de cette légende, en vers ou en prose ont en commun de présenter Julien comme le fils du comte et de la comtesse d’Anjou, Geoffroy et Emma, de le faire s’engager dans l’Ordre des Hospitaliers, et de faire s’établir le couple au bord du Gardon, près de Saint- Gilles du Gard, au carrefour des trois chemins de pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, de Rome et de Jérusalem.

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