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Tournez Manège

Grand Huit, Montagne russe, train fantôme et autres « Oxygen »… ce dernier embarquant huit personnes qui doivent se déchausser avant de s’installer dans des sièges coquilles, harnachés comme des pilotes de rallye. Ces « cinglés » d’émotions fortes vont se voir projeter en l’air tout en tournant et en basculant sur eux-mêmes. Une seule pensée leur taraude l’esprit… Qu’est-ce que je viens de manger ? Non, dans les années 50, à la «foire du 17 janvier », après le marché aux bestiaux, la famille Descamps, artistes forains de renommée, installa tout d’abord la « Chenille », entre le carrefour aux feux et la fontaine. La place de l’hôtel de ville était encore en terre battue sans aucun aménagement d’aucune sorte. Ce manège d’autrefois a permis à plus d’un couple muzillacais de se faire des bisous à l’abri des regards des plus jeunes ou même des parents. Cette attraction était constituée d’une série de sièges (de trois à quatre places en se serrant !!) formant une chenille enroulée autour d’un axe central. La chenille se déplaçait en avant ou en arrière avec montées et descentes de plus en plus rapi- des. Après un ou deux tours de chauffe, une bâche articulée recouvrait l’ensemble des sièges… Pouvaient alors commencer les câlins sous les cris, les fous-rires et les moqueries des jaloux !! La famille Descamps installa ensuite les fameuses « auto-tamponneuses » avec force cales pour parvenir à une plateforme de niveau. Sur cet échafaudage, les plus costauds des ouvriers disposaient les lourdes plaques métalliques qui servaient de plancher. Au plafond, un grillage permettait à la barre située à l’arrière de chaque auto-tampon de récupérer l’énergie électrique (comme peut le faire aujourd’hui le TGV). Ces barres avaient une grande importance, car c’était le seul moyen de réserver son véhicule entre chaque départ. Alors, quand le premier tour du dimanche matin était annoncé « gratuit » la « guéguerre » entre école publique et privée pouvait reprendre de plus belle. En effet, ce premier tour démarrait juste à la fin de la messe, et les mains des « p’tits païens » s’agrippaient, un brin moqueurs, au sésame de la barre de contact !! Une autre attraction vivota quelque temps, les balançoires, entre la bijouterie et l’agence Jégo (aujourd’hui). Celle-ci se présentait comme un ensemble de quatre à cinq balançoires classiques d’adultes (en plus imposante) auxquelles étaient accrochées non plus une sim- ple planche mais de grandes barques (swingboats) que l’on faisait tanguer à 6 ou 8 jeunes par esquif. Bien sûr, les chevaux de bois pour grandes personnes avaient leurs fans. Monter et descendre avec sa belle, et les jeunes gens se voyaient déjà galopant comme Clark Gable dans « Autant en emporte le vent » dans la campagne… muzillacaise. On se rappelle encore du stand de tir, au milieu de la place, où Raymond Pichon réalisait des cartons dignes d’un champion olympique… Le propriétaire du stand appréciait très moyennement. Pour les plus jeunes, une attraction devint très vite incontournable. Située sur la place du Marché elle proposait à chaque enfant de déambuler à sa guise (peu de voitures sur la place) sur un tricycle à tête et corps de cheval faisant penser au sulky des courses de trot. L’ancêtre des circuits de Karts pour enfants de la plage de Damgan ?! Peut-être qu’un autre papier vous plongera dans les délices du nougat, des pralines et des barbe à papa… et tournez manège !!

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