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Les Ursulines, et le « Vieux Couvent »

1579 : Avignon, naissance de Françoise De Bermond, introductrice de l’ordre des Ursulines en France.

1677 : « Messire Vincent-Exupére de Larlan, chevalier, seigneur de Lanitré, de Keralio, de Kerdréan, de Liniac et du Bocquay comte de Rochefort et de Quiduc, conseiller du Roy en tous ses conseils et dans sa grand ‘chambre du parlement de Bretagne, et noble et puissante dame Renée de Kerouartz, dame et comtesse des dits. lieux, sa compagne » manifestent leur intention de fonder à Muzillac une maison d’Ursulines.

Mars 1678 : Les religieuses de Ploërmel sollicitent l’autorisation de l’évêque de Vannes pour s’établir dans son diocèse. Elles obtiennent son consentement le 23, celui du clergé et des habitants de Muzillac le 27, celui du Duc de Chaumes, gouverneur de Bretagne le 29 et enfin celui de l’évêque de Saint-Malo le 30.

Avril 1678 : Les préliminaires réglés, l’acte de fondation est dressé le 17.

Mai 1678 : Les premières ursulines arrivent à Muzillac le 6. Elles sont au nombre de trois. Leurs fondateurs ne leur ayant encore donné qu’une rente de 150 livres, elles louent un local provisoire et y commencent leurs classes.

Novembre 1678 : Décès de la supérieure Sébastienne Brunet dite Marie de Sainte Trinité qui est inhumée le 15 dans l’église paroissiale, les soeurs n’ayant pas encore de cimetière. La communauté demande une nouvelle supérieure à Ploërmel, et c’est la soeur Jeanne Botherel de Quintin, dite de Sainte-Anne, qui est désignée pour remplir cette charge, et agréée par l’évêque de Vannes.

16 Mars 1680 : C’est elle qui reçoit de M. et de Mme de Larlan, le fonds de terre et la maison destinés à la communauté : « Les seigneur et dame de Lanitré, dit le nouveau contrat, exécutant l’acte de fondation du 17e d’avril 1678, ont donné, cédé et transporté, et par ces présentes donnent, cèdent et transportent, purement et simplement, aux dames religieuses acceptantes, scavoir est, la maison noble de la Fuye, jardin, fuye et pré au derrière, situés en cette ville de Muzillac (1), contenant ensemble de fonds, suivant le mesurage en fait ce jour par Me Jean Le Gruyer, priseur, et arpenteur, en présence du d. Seigneur fondateur et de nous nottaires, cinq journaux, moins dix cordes et cinq sixiesmes de corde, avec leurs appartenances, servitudes et dépendances, sans réservation..

(1) Il s’agit de la propriété Le Vaillant située place du marché dotée, à l’arrière du bâtiment, d’une tour-fuye. Une fuie à pigeons (colombier) signale une maison appartenant à des gens de qualité, comme les De Larlan, qui avaient le privilège d’élever et de déguster des pigeons, mets considéré comme délicat.

1680/1712 : Une fois chez elles, les Ursulines tendent à acheter maisons prés et jardins qui touchent à la leur afin de pouvoir s’isoler complètement.

Le 29 janvier 1713 : les Ursulines font marché pour la construction d’un grand corps de logis, moyennant le prix de 31.000 livres. Le bâtiment doit avoir 2 pieds de longueur du côté de la basse-cour, et renfermer deux dortoirs avec six fenêtres pour chacun.

superposition de certains des bâtiments de l’ancien monastère sur le cadastre de 1833 (à noter la présence de la chapelle St Julien sur la place St Julien et l’absence de la salle « Adélaïde » ainsi que du bâtiment « office du Tourisme » actuel.)

1729 : Le monastère compte 39 professes (1), 3 novices, 10 converses (2) et 10 pensionnaires.

23 Mars 1770 : Lettre de Soeur Marie Bolle de Sainte Madeleine supérieure du
couvent.

1792 : En septembre, Batteux, l’ami du terrible Carrier de Nantes, entre à Muzillac et réclame à la municipalité la comparution des Ursulines pour entendre ses menaces et ses ordres d’expulsion. Chassées par la violence, les unes se retirent chez leurs parents, d’autres se cachent dans les campagnes. Les bâtiments de la communauté sont confisqués, ravagés et vendus à la famille Burgault, grand acquéreur de biens nationaux, lors d’une adjudication à la Roche-Bernard le 22 décembre.

1793 : Ayant refusé de s’assermenter, douze Ursulines sont arrêtées, emprisonnées puis internées à l’hôpital Saint Nicolas de Vannes.

1796 : Les Chouans, commandés par le général de Silz, participent aux opérations militaires sous les ordres de Cadoudal. Une bataille, à Bourg-Pol même, met aux prises Chouans et républicains. L’église est détruite et tout laisse à penser que la Chapelle des Ursulines subit le même sort.

« Une légende, longtemps accréditée dans Muzillac, prétend que dans l’enclos du cloître des Ursulines, se trouvait la tombe de l’une d’elles, particulièrement vénérée. Quand les travaux de démolition furent entrepris, on découvrit cette tombe. Le corps fut enlevé et réinhumé dans le cimetière de Bourg-Pol. Mais, le lendemain, il était revenu à son ancien emplacement. Sans tenir compte de l’évènement, on ramena le corps à Bourg-Pol où le même fait se reproduisit. Alors, cette foi, on prit les mesures pour qu’il y demeurât.

Depuis ce moment-là, une série de calamités se produisirent aux cours des dits travaux : gens tués ou blessés, accidents renouvelés, maladies étranges, à tel point qu’il fallut arrêter, comme si l’exil de cette morte eût frappé d’interdit les lieux d’où on l’avait arrachée.

Acte de décès du 7 décembre 1741 de Soeur Françoise Boulard dite en religion de Sainte Françoise Xavier âgée de 36 ans 4 mois

Il reste de l’origine du monastère, une très belle statue de la Vierge, en bois doré, datant du XVIIème que les religieuses ont pu sauver du pillage révolutionnaire et emporter, « dans de vieux chiffons comme un paquet de linge sale » ce trésor qui se trouve désormais dans la chapelle de Notre Dame du Ménimur à Vannes.

1804 / 1807 : Après la tourmente révolutionnaire, plusieurs Ursulines de Muzillac se retrouvent et ouvrent une petite école. Elles rachètent l’ancien couvent des capucins et créent le couvent des Ursulines de Vannes.

1845 : La Famille Glais rachète l’édifice restant du couvent.

1933 : La famille Quistrebert acquiert les bâtiments pour y développer son activité de réparations et ventes de machines agricoles.

1982 : La municipalité décide de racheter le bâtiment en état de détérioration avancée.

1987 : Sous la conduite de Monsieur Ernest Le Goff, maire, création d’un comité de réflexion présidé par Félix Hervé.

1988 / 1989 : Mise au point du projet par l’architecte M. Duplantier et début des travaux qui seront conduits par Claude Le Duigou, nouveau maire (1989/2001).

8 Mars 1991 : Inauguration du centre du Vieux couvent par Raymond Marcellin, président du conseil général, Claude Le Duigou maire et Michel Guégan conseiller général.

Sources :

« Muzillac et son canton » Guy Le Ménach.

« À l’écoute de l’histoire » Louise Guézel.

« Ursulines de Muzillac » Jh-M. Le Mené Société polymathique du Morbihan 1907.

« Histoire de Muzillac en Basse Bretagne » Claude Le Duigou.

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