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Deux immeubles en feu en plein centre ville de Muzillac

Ouest Éclair 13 mars 1942. Plusieurs habitants échappent à la mort. Les dégâts sont considérables.

La très vive émotion qu’a provoquée dans Muzillac le violent incendie qui s’est déclaré hier matin en plein centre du bourg se trouve grandement justifiée par l’ampleur prise par le sinistre et par la menace plus grande encore qui, durant plusieurs heures, a plané sur d’autres immeubles et magasins voisins.

Un immeuble de trois étages entièrement détruit et dont on s’occupait dans la journée de faire crouler les pans de mur ; un autre immeuble contigu de même importance dont la partie supérieure a été détruite par le feu et dont les étages inférieurs ont subi de très importants dégâts par l’eau, les occupants de la première maison péniblement sauvés des flammes, tel est le bilan du sinistre.

Entre deux étages

C’est à 4 h45 hier matin que le feu fut découvert dans un grand immeuble qui fait l’angle de la place du Marché et de la Grande-Rue. Cette maison, qui comporte trois étages, est la propriété de M. Guillotin qui en habite le rez-de-chaussée. Au premier étage loge Mme Couy qui se trouvait à Vannes ; le second est occupé par des réfugiés de Boulogne, la famille Barbe ; au troisième enfin, habite une demoiselle Bréchat. Ce fut Mme Barbe qui, s’étant levée, aperçut des flammes dans l’escalier. Elle réveilla aussitôt les siens et, ne pouvant monter à l’étage supérieur, appela Mlle Bréchat. Celle-ci venait de s’apercevoir au même moment que le feu pénétrait dans son appartement. La cage de l’escalier était en flammes et l’incendie, se propageant avec une terrible rapidité, avait déjà attaqué l’appartement du deuxième étage. A grand peine, la famille Barbe put se sauver par l’escalier sans avoir le temps de rien emporter.

Mais à l’étage supérieur, Mlle Bréchat était bloquée par les flammes qui envahissaient de plus en plus ses pièces. Dehors, des secours s’organisaient. Les pompiers de Muzillac furent bientôt sur les lieux. D’autre part, des voisins coururent chercher une échelle qu’ils appliquèrent contre l’immeuble en flammes. Le pompier Joseph Magrée y grimpa et arriva à. temps pour arracher la malheureuse locataire à une mort certaine.

Deux maisons en feu

Cependant l’incendie avait gagné tout l’immeuble. Il faut attribuer la soudaineté de cette propagation au fait que la maison sinistrée était très vieille et comportait à l’intérieur de nombreuses boiseries.

Devant la menace que le brasier faisait courir à tous les immeubles voisins et, en particulier, au magasin des Syndicats Agricoles, le maire, M. Le Duigou, qui était arrivé un des premiers sur les lieux, demanda  l’aide  des pompiers de Vannes. Ceux-ci arrivèrent bientôt sous les ordres du commandant Huchet. Pendant ce temps, le sinistre avait encore pris de l’extension. Dans le mur mitoyen qui séparait l’immeuble Guillotin de celui de Mme Meunier, marchande de graines, dans la Grande-Rue, se trouvait, à la hauteur des combles, une petite porte qui fut rapidement en flammes. Par cette ouverture, le feu put gagner l’immeuble voisin dont la partie supérieure flamba à son tour. Les pompiers, gênés un moment par la crevaison d’une grosse conduite, portèrent tous leurs efforts sur la protection des immeubles voisins et, en particulier, de l’épicerie Guyot qui faisait immédiatement suite à la maison Meunier. Ils y réussirent, aidés d’ailleurs, dans leur tâche par des soldats allemands.

A 7 heures du matin, les pompiers étaient définitivement maîtres du sinistre et tout danger était écarté pour les maisons du voisinage »

Au début des années 50, les ruines de cet immeuble servirent de décor aux petits muzillacais : exploration, cache-cache, course au trésor et surtout, hélas, le jeu de « la p’tite guerre » pour imiter leurs aînés.

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