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Carnet de voyage Dubuisson-Aubenay Itinéraire de Bretagne en 1636

François-Nicolas Baudot, dit Dubuisson-

Aubenay, est né probablement à Aubenay vers

1590 d’une famille noble. Il suit de solides études, attestées par la qualité de son latin (il a rédigé en latin plusieurs de ses itinéraires). Il se met ensuite à voyager, en occupant à l’armée et dans la diplomatie divers emplois où il trouve l’occasion d’accroître ses connaissances et de satisfaire son goût pour l’histoire et l’archéologie. Ses pérégrinations ont commencé vers 1612 et n’ont cessé qu’en 1642.

En 1636, les Etats de Bretagne devaient se tenir à Nantes, et Jean d’Estampes-Valençay, maître des Requêtes, fut nommé commissaire particulier du roi Louis XIII pour y assister et y demander l’argent et les hommes que le Gouvernement désirait obtenir de cette province. Cette fois, il s’agissait de 1.200.000 écus, 1.200 chevaux et 8.000 hommes à pied, dont le roi avait besoin pour soutenir la guerre contre les Espagnols et entretenir les armées de Picardie, de Bourgogne, de Champagne et de Provence. Jean d’Estampes-Valençay prit Dubuisson-Aubenay comme gentilhomme d’escorte, suivant l’usage des grands seigneurs qui se plaisaient à voyager en compagnie de personnes distinguées.

Avant l’ouverture des Etats, ils firent une tournée administrative qui les mit en contact avec les gouverneurs, avec les magistrats et les municipalités. Dubuisson nota les particularités du voyage aux divers points de vue de la géographie, de la topographie militaire et surtout de l’archéologie.

Nos voyageurs rentrèrent en Bretagne en septembre 1636 par Châteaubriant. En novembre, ils arrivèrent à Vannes et dans la presqu’île de Rhuys avant de rejoindre Nantes pour les Etats qui durèrent du 17 décembre 1636 au 1er février 1637.
En 1645, Dubuisson-Aubenay devint domestique (au sens qui habite sous le toit) de Henri du PlessisGuénégaud, secrétaire d’État, qui comptait dans son département la maison du roi. Dubuisson-Aubenay obtint d’abord la charge de gentilhomme ordinaire de la Chambre, puis en 1649 de « maître d’hôtel ordinaire du roi ».

Voici ce que Dubuisson-Aubenay a noté dans le chapitre XXXVI : Chemin de Vannes à Nantes.

« Chemin de Vennes à Nantes.

…De là [Theix ] à Muzillac, une lieu fort grande ; et vers la moitié, ou un peu plus, du chemin, trouvez un vestige assez long, mais très ault et elevé, de chaucée romaine.

Arrivant à Muzillac, vous passez une chaucée d’estang, percée au commencement, pour faire moudre un moulin, et au bout, pour laisser vuider l’estang, d’où sort un gros ruisseau qui se reçoit en un vallon tousjours s’élargissant, en allant vers la mer qui donne là et monte, és reverdies ou grandes marées, jusques la dite chaucée de l’estang. Et cest estang rend telles euas aprez les avoir receues d’ailleurs.

Sur le bord dudit estang, est, à droite, une chapelle conservée, qui est hospital ; et en outre, il y a encor 3 ou 4 chapelles dans Muzillac, dont la paroice se veoit à une portée de mousquet sur un costau dit Bourg Paule.

Vis-à-vis de cest Hospital, à main gauche, est le vestige ou reste, avec un pignon et quelque muraille encor debout, de l’ancienne Chambre des Comptes de Bretagne.

On appelle Muzillac : ville à la mode de Bretagne ; mais ce n’est qu’un bourg, et jamais il n’y eut closture. Sortant de là, vous cheminez peu que vous trouvez deux chemins, dont le droit maine vers Vieille Roche et au passage de l’Isle, où il y  a un chasteau ducal ruiné, dans lequel mourut Arthur II, duc de Bretagne, enterré ès Cordeliers de Vennes. Et par ce chemin continue, à ce que l’on m’a dit, la chaucée de Vennes vers Nantes, et passe, en cest endroit la rivière de Viglaine, puis va droit passer une autre eau, en un lieu appellé Vieupont, à cause d’un pont qu’il y a là d’ancienneté. Toutefois ceste chaucée antique m’est fort douteuse, à cause que l’ancien chemin, qui est très assurément voye romaine, va de Vennes par Rieux.

Mais le chemin gauche maine droit au passage de la Roche Bernard, où vous passez, au bac, la rivière, assez fascheuse s’il y a vent, et entre deux rochers, l’un au dessus et gros, dit la Truye ou la Vache, et un petit, à peine paroissant dans le milieu de la rivière, quand la marée y est, dit le Pourcelet… ».

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