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Un spiritain muzillacais 1947

 

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Frère Bénilde Le Roux (crédit photo: arch.Cssp)

 

Jacques Pierre Eugène Le Roux est né à Penesclus le 21 octobre 1926 ; fils d’Eugène, mécanicien-forgeron, et de Claudine Chambonnet. L’atelier que son père a créé, avec son oncle Ange, existe toujours : il s’agit du garage de Marc Le Chenadec.

En février 1947 le bulletin paroissial de Muzillac « Le Clocher » donne des nouvelles de « Ceux et celle qui ont choisi la meilleure part » :  

« Jacques Le Roux est entré depuis six mois au noviciat des Pères du Saint-Esprit à Cellule (Puy-de-Dôme). Encore un futur missionnaire sans doute. Décidément tous les gars de Muzillac ont la bougeotte ; il y a pourtant du travail à faire en France. Quoiqu’il en soit, nous serons heureux de revoir Jacques en soutane dans quelque mois. »

Jacques a choisi la « Congrégation du Saint-Esprit et du Saint-Cœur-de-Marie », fruit d’une union de deux congrégations, celle du « Saint-Esprit » fondée en 1703 et celle du «Saint-Cœur de Marie » fondée en 1841, à Amiens (France). Ses missionnaires sont connus sous le nom de « Spiritains ».

Le 8 septembre 1947 Jacques Le Roux fait profession ; il prend le nom de Frère Bénilde. Trois plus tard il entame son parcours de missionnaire qui le conduira dans divers pays :

Sur le forum Internet des Spiritains, le père René Charrier relate la vie de Jacques Le Roux ainsi :

Bénilde, Jacques de son nom de baptême, après un an et demi de philo à Mortain décide de se faire Frère. « Je suis un manuel », dit-il. Formé à la menuiserie, il reçoit sa première obédience pour Haïti pour lancer un atelier de forgerons-mécaniciens. « Partout où l’obéissance m’a appelé, je suis toujours arrivé sans aucune compétence spéciale à faire ce que l’on me demandait de faire, ferronnerie, plomberie, électricité, vitraux, constructions de collège et de maternité, procureur, comptable ». C’est un parfait raccourci de son chemin spiritain.

Bénilde parlait beaucoup d’Haïti, des 19 années terribles et merveilleuses passées à Carrefour ou à Pétionville.

Quand je l’ai connu au Cameroun, il était devenu comptable et préposé pour le district spiritain à l’assurance maladie EMI. Il s’acquittait de sa tâche avec minutie, voire avec une certaine lenteur qui lui permettait de s’intéresser à son interlocuteur.

Je l’ai retrouvé plus tard au Conseil Provincial de la Province de France où il représentait le groupe des Frères. C’est là, en mars 1990, qu’il m’incita à écrire quelque chose sur les Frères spiritains, ce que je fis avec émerveillement et passion.

Ce que j’ai pu en dire est en dessous de ce qu’on pouvait dire et qu’il aurait fallu dire. Mais les Frères spiritains aiment la discrétion : ils font plus qu’ils ne disent. J’avais demandé au Frère Bénilde d’écrire une conclusion à Frères Courage : « L’esprit spiritain, c’est indéfinissable ; mais c’est quelque chose que tout bon Spiritain connaît bien. Et je pense que les Frères ont contribué pour beaucoup à en faire ce qu’il est… »

Bénilde, permets-moi de dresser un bilan numérique de ta vie missionnaire, à la fois éloquent et muet dans sa sécheresse : je ne saurais numériser tes années de préparation en famille, à Ploërmel, à Saint-Ilan, Cellule, Mortain et Chevilly ; la suite, ce sont 19 années d’Haïti, 18 années de Cameroun, 1 année de Guadeloupe, 10 années de service en France, quelques mois de Sénégal et puis 9 années de chemin de croix et de patiente offrande ; Bénilde, merci pour tout ce que tu as été pour nous, ta famille naturelle et ta famille spirituelle. Nous prions pour toi et pour que tu aies des continuateurs ! 

 

Le Frère Bénilde Le Roux est décédé à l’hôpital d’Ivry sur Seine (94) le 20 octobre 2009, âgé de 83 ans.

Sources :

–          Bulletin paroissial Le Clocher,
–          Forum des Spiritains http://spiritains.forums.free.fr/
–          Sites de la congrégation : http://www.spiritains.org/ et  http://www.csspchevilly.com

 

Remerciements : Père Roger Tabard (archiviste général CSSP), Geneviève Karg (archiviste photos).

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