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Des gardes-côtes à la demande du roi

Face aux Anglais devenus de plus en plus belli- queux, le cardinal de Richelieu voulut mettre en sécurité les côtes du royaume exposées à

Un exemple de corps de garde à Piriac (44).

leurs possibles incursions. Sa conviction fut ren- forcée après la venue de Villiers de Buckingham pour bloquer l’île de Ré avec cent vaisseaux. Le cardinal avec peu de moyens réussit à refouler la flotte anglaise. C’est à cette occasion qu’il constata la pauvreté et l’in- cohérence de l’amirauté française : la France offrait aux amirautés des charges lucratives mais celles-ci n’avaient pas de vaisseaux et un système défensif très pauvre. Ces graves constatations vont l’amener à revoir et repenser tout le dispositif de défense maritime. Vaste pro- gramme ! Il racheta l’amirauté de France qu’occupait Henri de Montmorency et celle du Levant, tenue par le duc de Guise. Pour la Bretagne, parti- culièrement exposée, la posi- tion était délicate, la charge d’amiral était indissociable de celle de gouverneur, le sort allait jouer en sa faveur. En 1626, il se fit attribuer le titre de « Grand Maître chef et surintendant général de la navigation et du commerce de France ». Peu après, en 1627, le cardinal de Richelieu apprenait le décès de monsieur de
Thémines, gouverneur de Bretagne. Monsieur du Bruc, proposa alors aux États de confier la charge à la « Reine- Mère », ce que les États repoussèrent, peut être encore méfiants après les événements de “La Journée des Dupes”. Le président de la noblesse de Bretagne du Bruc proposa alors le cardinal de Richelieu. Celui-ci accepta et le 16 septembre 1631, il était gouverneur de Bretagne. Il avait désormais entre les mains les pièces maîtresses qu’il allait exploiter. Durant les longues pala- bres des « États de Bretagne », Richelieu avançait son projet. Dès 1629, il avait mis en place un système de défense maritime au maillage serré. A la tête de chaque découpage côtier, il avait placé une autorité avec la charge de « capitaine garde-côtes ». C’est ainsi que l’on vit apparaître à Muzillac, une autorité maritime. Sur le rapport de la place de Vannes adressé au roi et au cardinal de Richelieu, ce fut monsieur de Quifistre de Bavalan, seigneur d’Ambon, qui fut choisi, par la position géographique de sa seigneurie et sa valeur militaire personnelle. Il fut retenu pour la charge entre la rivière de Saint-Eloi et la rivière de Pénerf. Cette charge sera assurée par six seigneurs de Bavalan jusqu’en 1732, date à laquelle elle sera donnée à Philippe François de Penhoët, non pas par démérite, mais par carence successorale. En effet, l’héritier princi- pal de François-Vincent de Quifistre de Bavalan n’avait que dix ans à la mort de son père. De capitaine ordi- naire garde-côte, les seigneurs de Quisfistre de Bavalan, deviendront « Capitaines généraux Gouverneurs » de Muzillac, comme nous le montre un extrait de la Chambre des Comptes de Bretagne : “Ordonnance des Trésoriers de France, Généraux des finances, en date du 31 octobre 1715, au profit dudit Jean-Vincent de Quifistre, chevalier de Bavalan, capi- taine général garde-côtes, Gouverneur, pour Sa Majesté, de la ville de Muzillac, pour que le dit seigneur de Bavalan fut payé des gages attribués à son office de gouverneur de cette ville ».

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